Le carnaval de Leval-Trahegnies

Le site des sociétés carnavalesques du carnaval

Voici la propre histoire du carnaval de Leval-Trahegnies

signé Loïc Régulski

En 1896, à Trahegnies, il y avait déjà une société de Marins et une de Paillasses. Le programme des festivités comprenait deux cortèges : le dimanche et lundi gras.  Le mardi, on se rendait à Binche. Le cortège du dimanche partait de l’église de Leval Saint-Pierre. Les sociétés se donnaient rendez-vous sur la place à la sortie de la grande messe et les participants offraient des oranges aux fidèles qui sortaient de l’office.

Le carnaval de Leval-Trahegnies est enfin reconnu par le pouvoir communal et devient officiel en 1901. Les archives communales nous révèlent les noms des six sociétés  subsidiées par la commune.

C’étaient : les Boers, les Clowns Blancs, les Marins et Clowns, les Bons Buveurs, les Blancs Marins, les Gilles et les Paysans.

L’année 1902 voit la naissance de la société des Pierrots à l’ancien cercle catholique. En même temps nait la société des Paysans établie au salon du Mayeur. Ces deux sociétés avaient une connotation politique. Les pierrots étaient d’opinion catholique tandis que les paysans recrutaient leurs membres parmi les libéraux et progressistes.

Le musée International du Carnaval et du Masque de Binche possède une affiche du carnaval de Leval-Trahegnies de 1904. Celle-ci nous donne le programme des festivités qui débutèrent le samedi 13 février par une retraite aux flambeaux et le lendemain par une sortie des sociétés et un cortège qui se déroula de la gare, avec un rondeau sur la place Saint-Pierre, jusqu'à la route de Charleroi.

Au cours des années suivantes, d’autres sociétés de fantaisie font leur apparition. Citons les Mousquetaires, les Brigands, les Framinds.

Pendant la première guerre mondiale, les festivités carnavalesques ne furent pas organisées dans la localité. Après la tourmente, le carnaval ne réapparut qu’en 1923. Cette année-là, en plus des sociétés de fantaisie traditionnelles et des gilles, deux sociétés virent le jour : les Marins Rouges, et les Blankès-Kmiches.

En 1929 fut l'année au cours de laquelle le carnaval vit la disparition de certaines sociétés en raison de la désaffection des membres et surtout de la crise économique des années trente.

Après la deuxième guerre mondiale

Dès 1946, le carnaval revit mais plus le dimanche et lundi gras. Les organisateurs fixèrent les journées des festivités aux deuxièmes dimanche et lundi après les folies binchoises. Trois sociétés réapparurent : les Infernals à la route de Charleroi, les Pierrots au cercle l’Union et la société de gilles les Indépendants. Le travesti des Infernals se composait d'une casquette noire, sarrau bleu, mouchoir rouge à pois blancs autour du cou et pantalon blanc, c’était un rappel de la tenue des Flaminds d’avant 1914. Malgré le dynamisme de ses dirigeants, cette société n’eut qu’une existence éphémère. Dans les années qui suivirent, la société de fantaisie les Blankès-Kmiches refit surface, et d’autres encore, comme les Marins et les Chics Types. Enfin, en 1956, la société des paysans remplaça les Chics Types et depuis cette date, on ne vit plus qu’une seule société de Paysans et des sociétés de gilles en nombre variable au fil des années jusqu'à nos jours. En 1949, malgré les efforts des autorités locales, en vue de garder l’unité, les sociétés carnavalesques ne s’entendirent pas et deux cortèges distincts eurent lieu, l’un à Leval et l’autre à Trahegnies.

En 1982, aucun feu d’artifice ne fut tiré par suite de circonstances indépendantes de la volonté des organisateurs.

Pour conclure, que l’on soit acteur ou spectateur, nous sommes complètement pris par l’ambiance de fête qui règne dans le village. C’est LE grand moment que tout le monde attend pendant une année. Au son du tambour de la caisse et de la clarinette, notre cœur s’emballe et explose dans une joie que l’on ne sait décrire. Les tamboureurs dodelinent, privés de leur instrument. Le martèlement des baguettes sur la peau tendue s’assourdit encore davantage sous le double filtre de la barrette et du mouchoir de cou tandis que les bosses égales cognent aux frappes de la grosse caisse. En cette année, le carnaval de Leval-Trahegnies débute le dernier  jour de février.  Je retiens cette phrase : « Un froid soleil de février neige sur les collerettes et les barrettes immaculées et je ne peux empêcher le cristal d’une larme de s’évader devant tant de beauté… »